

La semaine dernière, nous expliquions que jusqu'à l'édition du 8 mai 68, nulle trace des « événements » ne figurait dans les pages calaisiennes de notre journal. Enfin, le 9 mai, cela bouge ! Alors que les affaires se calment un peu sur le front parisien, on apprend que « les lycéens des classes terminales manifestent leur solidarité avec les étudiants de Paris par un défilé bruyant mais ordonné. » L'une des photos montre ce défilé, l'autre présente un rassemblement de jeunes gens. Elle a vraisemblablement été prise devant le lycée de garçons, aujourd'hui collège République. Aucun pavé ne vole, aucun affrontement avec les forces de l'ordre. Place de la République, l'après-midi, un étudiant prend la parole devant quatre à cinq cents manifestants : « mais son discours se perdit dans le brouhaha. » Manifestation de soutien, certes, mais pas dénuée de revendications locales : les étudiants réclament « l'extension de la faculté, avenue Blériot, pour la création d'une deuxième année en sciences, et l'ouverture d'une classe de lettres. » Notre confrère n'hésite pas à prendre parti : « C'est là le souhait que nous formulons depuis longtemps à travers nos colonnes, et une revendication des lycéens que nous appuyons sans la moindre réserve. » Si les pavés devaient se mettre à voler à Calais, l'agence du boulevard Pasteur serait à coup sûr épargnée !
Et croyez-vous que cette agitation lycéenne a lancé mai 68 à Calais ? Eh bien non. Les 10, 11 et 12 mai, l'essentiel de nos éditions est consacré à la visite à Calais du ministre de l'Equipement et du Logement, François Ortoli, venu évoquer le Calais de demain. Il s'agira des derniers jours de calme avant le retour de la tempête à Calais, cette fois sur le front social.
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