Hier, les gendarmes ont sondé toute la journée les abords d'un bras mort du canal, à la recherche de l'arme du crime. En vain.
PAR ALEXIS CONSTANT
dunkerque@lavoixdunord.fr L'enquête sur le meurtre de Paulette Collet a pris un tournant décisif, avant-hier soir, avec l'arrestation de trois personnes. Il s'agit de jeunes originaires de Bourbourg, âgés d'une vingtaine d'années, déjà connus de la justice.
Gardés à vue dans les locaux de la brigade de Bourbourg, ils ont commencé à fournir aux enquêteurs des éléments déterminants sur ce qui a pu se passer dans la nuit du 19 avril. L'octogénaire avait été retrouvée inerte dans son habitation, le corps transpercé de 82 coups de couteau portés avec une « sauvagerie hors norme », déclarait à l'époque le vice-procureur. Un ou plusieurs individus avaient réussi à pénétrer par effraction à l'intérieur du domicile de la veuve.
Dès les premières heures d'audition, l'un des protagonistes présumés de ce meurtre aurait indiqué aux gendarmes l'endroit où se trouverait l'arme blanche, un couteau, selon les résultats de l'autopsie. Hier, les investigations se sont orientées vers la recherche de ce couteau. D'après des témoignages de riverains, en début de matinée, l'un des gardés à vue aurait été sorti quelques minutes de sa geôle, puis conduit à l'îlot Sainte-Sophie, un bras mort du canal de Bourbourg, pour montrer aux militaires l'endroit précis où il aurait jeté l'arme.
Une équipe de plongeurs de la brigade nautique de Calais, épaulée par la section de recherches de Lille, les techniciens d'identification criminelle, la cellule d'investigation criminelle, la brigade territoriale de Bourbourg ainsi que quelques militaires de la compagnie de Dunkerque, ont sondé les abords envasés de ces eaux stagnantes. Les militaires n'auraient rien trouvé de probant.
Les recherches s'étant déroulées tout au long de la journée en plein coeur du centre-ville, la population a vite été alertée de la présence des nombreux enquêteurs, faisant naturellement le rapprochement avec le meurtre de la vieille dame.
Un acte qui avait frappé les esprits de cette ville d'à peine 7 000 âmes. « Ça doit être pour cette pauvre femme qui a été assassinée », commente un chef de famille sur sa bicyclette. Un piéton qui flâne sur la berge, observe les opérations : « Il paraît qu'ils ont fait une descente en pleine journée pour arrêter des gens en plein Bourbourg ».
La gendarmerie, qui n'a pas souhaité communiquer sur cette affaire, a chassé les nuées de curieux autour de l'îlot. Les gardes à vue des trois Bourbourgeois devaient se prolonger, hier. Les auditions en cours devront déterminer quelle a été l'implication de chacun. dans le cas, bien sûr, où des charges sérieuses pèseraient contre eux
. Ils seraient alors présentés au juge d'instruction qui pourrait leur signifier leur mise en examen .